Covid-19: deux milliards d’euros pour la culture et de nouvelles règles

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La réponse du gouvernement à la «souffrance» éprouvée par le secteur de la culture depuis le début de la crise sanitaire sera«inédite», a promis le premier ministre, mercredi matin sur France Inter. Le mot n’est pas trop fort: une dotation«exceptionnelle» de 2 milliards d’euros, puisée dans le cadre du plan de relance, va être débloquée. Elle s’ajoutera aux 3,5 milliards déjà annoncés au début de l’été (y compris l’année blanche pour les intermittents) et aboutira peu ou prou à une augmentation de 50 % du budget de la culture. «C’est une activité économique (…) Il faut aller au théâtre, au cinéma, il faut soutenir le secteur», affirme d’ailleurs Jean Castex.
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Ces deux milliards supplémentaires devront être répartis entre le théâtre, le patrimoine, les grands musées, les cinémas, les salles de concerts… La répartition de cette somme n’est pas encore connue. Elle sera en partie dévoilée jeudi après-midi, après une réunion organisée au ministère de la Culture avec les représentants du spectacle vivant privé. Ces théâtres comme ces salles de concerts sont les plus durement touchés par la pandémie car leurs recettes viennent de la vente de billets.«Depuis mars 2020, nous avons perdu 2,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires», souligne Malika Seguineau, directrice générale du Prodiss, syndicat des producteurs et propriétaires de salles.

La ministre de la Culture Roselyne Bachelot a déjà reçu Malika Seguineau et ses pairs du théâtre privé, il y a huit jours. Cette fois-ci, le premier ministre sera présent. «Il écoutera et ne s’exprimera pas à la sortie de la réunion», précise-t-on à Matignon. C’est «l’excellente» Roselyne Bachelot – l’expression est de Jean Castex- qui en donnera le détail. Le déplacement d’un chef de gouvernement dans un ministère, fait rare, vaut tous les messages politiques.
«Allez au cinéma, allez au théâtre»

Si la culture a eu le sentiment d’être abandonnée depuis des mois, elle est désormais en haut de la pile des dossiers à Matignon. Ainsi, vendredi, Jean Castex devrait poursuivre sa tournée culturelle en se rendant au Festival du film francophone d’Angoulême organisé par Dominique Besnehard. Là, en présence de la productrice Julie Gayet, il devrait allait plus loin dans le détail des mesures. On saura par exemple à partir de quand il faudra porter un masque au cinéma pendant la projection du film, et non plus seulement dans les couloirs (la mesure est déjà en cours dans de nombreux cinémas européens). Le port du masque mettra fin à la distance entre les spectateurs, sauf dans les zones classées rouge pour le virus, dont Paris ou Marseille. «Je dis aux Françaises et aux Français, allez au cinéma, allez au théâtre, vous ne risquez rien», s’enthousiasme le premier ministre.
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Jusque-là, il n’a pas convaincu Marc Olivier Sebbag, secrétaire général de la Fédération nationale des cinémas français: «Pourquoi la culture serait-elle stigmatisée par cette double peine, alors que les avions et les trains ne le sont pas?», s’insurge-t-il.