55è édition du Festival International de Hammamet Hier à Hammamet, Zied Rahbani

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Devant des fans adepte de cette école artistique basée sur la parole profonde, le renouvellement musical et la voix mélodieuse, Zied Rahbani, fils aîné de l’iconique Fairouz  et d’Assi Rahbani, a interprété, hier soir au théâtre de plein air de Hammamet, « Chou Hal Ayyam » un cocktail détonnant des morceaux qui ont fait sa célébrité et sa particularité depuis des années.

C’est avec une immense joie que cette grande figure de la scène musicale arabe, formé aux rigueurs de la dynastie des frères Rahbani, et qui se produisait pour la première fois en Tunisie,  a retrouvé ses fans tunisiens dans le concert donné dans le cadre de la programmation de la 55 ème édition du Festival international de Hammamet, et dans lequel il a gratifié  l’assistance d’une revue de ses plus belles compositions qui ont jalonné le parcours de l’artiste.

C’était une soirée où l’on retrouve sa marque de fabrique : vigueur de la critique sociale alliée à un humour dévastateur.   Comme à l’accoutumée, la prestation de Zied Rahbani a fonctionné comme une belle toile agrémentée de la profondeur du verbe et de la mélodie. 

Dès l’entame du concert, accompagné d’un orchestre multinational avec des musiciens en provenance de l’Égypte, de la Syrie, de l’Arménie et des Pays-Bas, l’artiste a présenté une collection de ses plus belles créations musicales, mettant du coup un public debout, sous le charme de la  veine artistique de ce chanteur libanais considéré comme l’un des rares artistes de la scène arabe dont les choix musicaux engagés font l’unanimité tant au sein des élites que des couches populaires. 

La force musicale imprimée par des accompagnateurs chevronnés qui combinent parfaitement bien instruments traditionnels et modernes, expressions rythmiques classiques et contemporaines, a ponctué la suite du concert.

Outre son charisme naturel marqué par une nervosité permanente et une effervescence spirituelle et poétique, la particularité de Zied Rahbani est d’avoir réussi, hier, à trouver la bonne combinaison entre le classique et l’échelle pentatonique de la musique arabe, refusant de s’inscrire dans la nouvelle vague de show-biz qui fait fi de toutes les valeurs musicales et culturelles.

L’artiste égyptien Hazem Shaheen, qui accompagnait Ziad Rahbani, rappelle à son retour Sayed Darwish et Sheikh Imam et a participé à l’interprétation de chansons qui attendaient le public et résonnaient avec tout le plaisir et l’extase.

Avec un art consommé alliant les plaisirs de la reconnaissance et les joies de la découverte, Ziad Rahbani avait préparé un programme de plusieurs titres ; « Chou Hal Ayyam », « Al Charq Al Awssat », « Houdou Nessbi », « Amrek Ya Sidna », « Talfen Ayyech », « Ana mouch kafer » et bien d’autres chansons qui ont fait le bonheur du public.

Entre les figures convoquées (Riadh Sakr, son compagnon de route)  et celle omniprésente de sa mère Faïrouz, Ziad Rahbani tissait des liens qui, sans lui, seraient restés insoupçonnables ; le monde prenait soudain une échelle plus humaine, les distances s’effaçaient et le temps devenait malléable. On était loin des concerts galvaudés, des effusions de nostalgie et des phénomènes de mode. Sérieux et taciturne, tantôt au piano, tantôt aux claviers électroniques, Ziad Rahbani était tout à sa musique et les spectateurs, nombreux, lui en étaient gré.

Une fois de plus, l’artiste et légende Ziad Rahbani a souligné qu’il s’agissait d’une exception dans le monde de la musique et du plaisir, et a convaincu un public désireux de goûter à la bonne musique.