Au bout d'une vingtaine de spectacles variés, la 60e édition du Festival international de Carthage, qui a débuté le 16 juillet dernier, a pris fin. La star libanaise Magida Al Rumy a retrouvé la scène prestigieuse du théâtre antique le 19 août, pour un concert grandiose. Elle a été accompagnée par une trentaine de musiciens et de choristes, dont des artistes tunisiens, sous la direction du maestro Marco Abu Naoum. Mme la ministre des Affaires culturelles Amina Srarfi était présente à cette soirée mémorable.
Après 8 ans d'absence, et 46 ans après son premier concert à Carthage, l'artiste fortement appréciée à large échelle s'est produite à guichets fermés.
En près d'un demi-siècle de carrière, Majida El Roumi a cumulé les succès, avec pour thèmes de prédilection l'amour, l'espoir et la résilience. Parmi ses tubes les plus emblématiques, ayant marqué plusieurs générations , figure un grand nombre de textes de Nizar Kabbani et de Mahmoud Darwiche mis en chanson. L'artiste a, en effet, popularisé les poèmes en arabe littéraire auprès d'un vaste public, rendant ce répertoire accessible à toutes les tranches d'âges et à toutes les catégories sociales et intellectuelles.
En plus d’une voix à la fois puissante et mélodieuse, Majida El Roumi se distingue, depuis son plus jeune âge, par une grâce innée et un talent de communication sans faille.
Le concert à Carthage a été entamé par une introduction instrumentale. La star est montée sur scène sous des applaudissements nourris.
La première chanson a été "Mili ye helwe mili", un titre rythmé qui date de 2018 et dont la musique est inspirée du folklore libanais.
Après un discours fortement émouvant, où elle a exprimé son bonheur de retrouver le public tunisien, Majida El Roumi a enchaîné avec deux ballades romantiques, "Aam yesâalouni" et "Khedhni habibi" de son album "Wadâa" paru en 1977. D'autres titres célèbres de son répertoire en dialecte libanais ont suivi, parmi lesquels figurent "Ismaâ albi" et "Matrahak bi albi".
La setlist a inclus de nombreux tubes en arabe littéraire, dont "Aynaka layali sayfia", "La tassâal" et "Ouhibouka jiddan".
Loin de se contenter des classiques que le public de tous âges connait par cœur, Majida El Roumi a présenté deux nouvelles chansons "Bala wala ay kalam" et "Oul ye habibi oul".
La star a aussi repris, à sa manière, "Touba" de Abdelhalim Hafedh. Le public l'a accompagné au chant avec beaucoup d'enthousiasme tout au long du concert.
Majida El Roumi a rendu hommage au peuple libanais résilient qui fait face aux tumultes par la joie de vivre.
Parmi les moments de complicité marquants de la soirée fut l'interprétation de "Aslema ye tounes". L'artiste libanaise a arboré le drapeau tunisien pour ce titre qu'elle a chanté pour la première fois lors de son spectacle à Carthage en 2018.
Un hommage a été rendu aux grandes figures de la chanson tunisienne avec un medley incluant "Lamouni" de Hedi Jouini, "Yami laaouina" de Oulaya, ainsi que "Khali badalni" et "Ah ye khlila" de Saliha. Majida El Roumi a mis une chechia tunisienne pour cette prestation saluée par une longue ovation.
Le concert a été clôturé avec le titre phare "Kalimat".
Cette dernière soirée dans le cadre du Festival international de Carthage a ainsi été empreinte de tendresse et de nostalgie. En plus du bonheur partagé des retrouvailles, c'était un rendez-vous d'exception avec une musique qui ne vieillit pas, une musique qui continue, au fil du temps et au-delà des frontières, de séduire et d’émouvoir.